
Nous nous étions toujours dit que lorsque nous irions à Calgary, ce serait évidemment en juillet pendant le fameux Stampede, le « rodéo de Calgary ». Les complications de la pandémie ajoutées à la gestion des calendriers de tous les membres de la famille en ont décidé autrement… Qu’à cela ne tienne, nous n’avons pas perdu au change !
Après notre installation au Germain Hotel Calgary (idéalement situé, et que je recommande fortement), ça nous a fait du bien de partager un excellent dîner à son restaurant, le Charcut Roast House. Les enfants n’ont d’ailleurs plus voulu manger ailleurs tellement ils ont aimé l’ambiance… et le contenu de leur assiette 🙂. Une bonne nuit de sommeil et nous étions prêts, et impatients, pour la suite !


Après un rapide petit déjeuner, nous voilà partis pour une première découverte à pied du centre-ville. Nous nous retrouvons face à la Calgary Tower juste en sortant de l’hôtel, puis nous décidons d’emprunter la piétonne Stephen Avenue Walk.

Nous rejoignons ensuite la fameuse Tour Bow, une tour de bureaux de 59 étages de verre et d’acier dont le nom fait référence à la rivière Bow. À ses pieds, beaucoup de personnes photographient l’un des monuments de la ville : la Wonderland Sculpture. C’est l’œuvre de l’artiste Barcelonais Jaume Plensa. Un visage de femme de 12 mètres de haut, en fil de fer, dans lequel on peut circuler. Tout comme on peut le faire dans la sculpture Source, du même artiste, réalisée pour le 375è anniversaire de Montréal. Celle-ci se trouve juste à la sortie de l’autoroute Bonaventure.


Après cette prise de contact, il est déjà temps d’entamer les 2h15 de route pour atteindre le Dinosaur provincial park ! Certes, Calgary nous semble bien plus charmante que ce qu’on nous a prétendu. On y marcherait volontiers toute la journée, mais la curiosité est la plus forte; nous avons très hâte d’être sur le site, afin de partir à la chasse aux fossiles. Vers 14h nous arrivons à l’entrée du Dinosaur Park :

Comme le précise le site de Parcs Canada, il y a 75 millions d’années le paysage que nous découvrons était « une plaine littorale de faible altitude aux abords d’une vaste mer peu profonde ».
La température y était similaire à celle de la Floride aujourd’hui, et les résidents, animaux ou végétaux, étaient très nombreux. Parmi eux, on a dénombré environ 35 espèces de dinosaures !


Le parc est au cœur des « Canadian Badlands », qui, paraît-il, n’étaient pas de mauvaises terres pour tout le monde. Et apparemment elles plaisent toujours aux serpents à sonnettes, scorpions et autres veuves noires qui se nichent dans certains renfoncements sous la pierre, attention de ne pas mettre les pieds où il ne faut pas !



Nous reprenons la voiture pour aller nous garer plus bas sur le site, et entamons une longue marche dans le parc. Il y fait très, très chaud et sec : écran solaire, casquettes, lunettes de soleil et bouteilles d’eau indispensables ! Mais, bien équipés, c’est agréable et tellement vaste, beau et inusité qu’on ne voit pas le temps passer. Surtout lorsque l’on contemple ou escalade (c’est autorisé) les cheminées de fées 🙂. Appelées Hoodoos au Canada et aux États-Unis, ces colonnes naturelles sont composées de roches friables (venant par exemple de dépôts volcaniques). Leurs « casquettes à elles », comme disent les enfants, sont d’une roche différente qui résiste plus à l’érosion. Nous ne nous en lassons pas…



La luminosité baisse un peu. Enfin, nous nous décidons à aller voir ceux qui ont initialement motivé notre visite : les fossiles !

Plusieurs sentiers sont proposés pour aller à la « chasse » aux fossiles. Évidemment, comme ils sont protégés, ce n’est pas aussi excitant que lors de la Great Canadian Dinosaur Rush du début du XXè siècle. Mais avec les panneaux explicatifs (espèce découverte à cet endroit, circonstances estimées du décès) et la mise en scène, avec outils oubliés etc., ça laisse tout de même place à l’imagination et c’est assez sympa.

Après avoir fait plusieurs arrêts sur les sites où ont été découverts des fossiles, afin de regarder les fossiles espérés et lire les légendes, et continué à admirer les hoodoos et les vastes étendues du parc, nous repartons à regret vers la voiture. Nous voulons arriver à Drumheller tandis qu’il fait encore jour. Prochaine étape de l’après-midi : l’autoproclamée “capitale mondiale des Dinosaures” !
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Sur le chemin d’un musée dédié (entre autres) aux dinosaures, les vedettes du jour, nous faisons une première halte à Drumheller. Nous voulons y rencontrer Tyra, alias “plus grand dinosaure du monde”, qui surplombe la vallée. Tyra pèse 65 tonnes et mesure 25 mètres de haut. Il paraît que c’est plus de deux fois la taille de toute autre statue au Canada. On peut monter les 106 marches de l’escalier à l’intérieur de son ventre et se retrouver dans sa bouche. De là-haut, entre ses énormes dents, on a une belle vue sur la petite ville et sur les badlands. Tyra a été nommée ainsi à l’issue d’un grand concours pour son 20è anniversaire, célébré en octobre 2020.


À Drumheller, on croise des dinosaures absolument partout :


Ils se baladent dans les parcs, ou sur les pelouses devant les maisons. Prennent la pose dans les vitrines ou en devantures des magasins… De jour comme de nuit, inutile d’espérer les éviter !


Avant de revenir de nuit sur Drumheller même afin d’y dîner rapidement, nous avons poursuivi notre route jusqu’à son musée, aussi fantastique que méconnu : Le Royal Tyrrell Museum. Ce musée gigantesque renferme plus de 80.000 spécimens, y compris une quarantaine de squelettes complets de dinosaures. Parmi eux, rien de moins qu’un Tyrannosaurus Rex (hello fans de Jurassic Park 🙂 ), et un Albertosaurus ou « lézard de l’Alberta ».

Les galeries de dinosaures sont extrêmement bien mises en scène et documentées : j’ai préféré de loin au pourtant tellement plus connu American Museum of Natural History de New-York. C’est dire !

Le nom complet du musée est Musée de Paléontologie Royal Tyrrell. Par définition, on n’y trouve pas que des informations très intéressantes sur la vie (puis la disparition) des dinosaures. En l’occurrence, on y trouve aussi des informations sur l’évolution des êtres humains. Ce, depuis notre apparition sur Terre jusqu’à l’humain moderne. Quels que soient les êtres vivants étudiés, on peut suivre leur évolution au fil des étapes successives de l’histoire de la Terre. Et en apprenant de l’interprétation des fossiles datant des différentes ères géologiques.

C’est vraiment passionnant et, je le répète, extrêmement bien fait. D’un bout à l’autre de ce musée, bien plus grand que ce que nous imaginions, c’est attractif et compréhensible, pour les grands comme les petits. Les plus passionnés pourraient y passer toute une journée sans se lasser ! À ne surtout pas rater si vous allez en Alberta.
Avec tout ça, nous rentrons plus tard que prévu, et il va falloir aller se reposer ! Au programme du lendemain, se promener encore un peu dans Calgary, et visiter son Heritage Park Historical Village.

Le Pont de la Paix est le plus reconnaissable de Calgary, pour piétons et cyclistes. Le choix des couleurs rouge et blanc rappelle celles du drapeau du Canada. Il relie le quartier Sunnyside au centre-ville.

Le tramway de Calgary, ou C-Train, a été inauguré en 2001. Nous ne l’avons pas testé mais il est réputé confortable et spacieux. Il paraît qu’une portion gratuite (longeant la 7è Avenue) permet de visiter la ville sans billet, avec entrées et sorties illimitées.
Entre deux balades matinale et nocturne pour continuer de découvrir un peu Calgary, nous passons l’essentiel de cette belle journée au Heritage Park Historical Village. Comme son nom l’indique, c’est le parc historique de Calgary. C’est aussi, selon leur site, le « plus grand musée d’histoire vivante du Canada ». À ce titre, c’est l’une des attractions touristiques les plus visitées de la ville, et de l’Alberta.

La raison d’être du parc est de fournir une foule d’informations sur la vie, les défis et les expériences des premiers colons Européens venus s’établir dans l’Ouest Canadien. Il y parvient fort bien : c’est instructif, très intéressant et, parfois, surprenant ! Comme lorsque la passionnée d’Europe du Nord que je suis s’est retrouvée devant un authentique sauna Finlandais traditionnel. Il a été construit en 1910 par des colons perpétuant les traditions de la Finlande natale :


Comme ce sauna, la majorité des bâtiments, machines et objets présentés dans le parc sont des originaux. Des milliers de témoins du passé de l’Ouest Canadien ont été relocalisés ici, ou donnés par des descendants. Grâce à ça, on déambule en s’y croyant à travers une exposition de l’histoire de l’Ouest Canadien des années 1860s à 1950s. Tout est décliné en 4 sites : Le Fort où se tenait le commerce de fourrures, tout proche du campement des Premières Nations, 1860s. La colonie avant le chemin de fer, 1880s. La ville qui s’est établie autour du chemin de fer traversant la Prairie, vers 1910. Enfin, le « Gasoline Alley Museum » et le « Town Square » en 1930, 40 et 50.
Les employés du parc, en costumes d’époque, ne sont pas avares d’explications et d’anecdotes. Ils arrivent à captiver aussi bien les petits que les grands 🙂.
Nous avons aussi pu assister à une représentation musicale dans les beaux jardins fleuris d’une des plus belles maison de l’époque, puis faire un bref trajet dans le train. Grignoter et nous rafraîchir au saloon et dans l’un des cafés de la ville reconstituée, et visiter la petite ferme pour le plus grand plaisir des enfants. Par contre, ils n’ont pas eu le temps de profiter du petit parc d’attractions; assez classiques, la déception fut de très courte durée, ouf !
Une petite galerie pour vous donner une idée :






Il y aurait bien plus à dire et à montrer, mais rien ne vaut de visiter par soi-même. Nous, nous sommes rentrés à la fois très contents et frustrés de ne pas avoir disposé de quelques heures supplémentaires pour nous y attarder… Il fallait penser à dîner puis dire au revoir à Calgary avant de se coucher, afin d’être frais et dispos pour entamer notre étape du lendemain : le Lac Louise !
Voyages : Road trip en famille dans l’Ouest Canadien
