Auteur et scénariste. Fondateur d’une maison d’édition, ainsi que d’une revue de poésie. Vlado Nicolas agit, en toute discrétion, pendant que d’autres pérorent.
42 ans, originaire d’Haïti – « PERSÉVÉRANT »

À suivre… De la Place des Arts, les photos de Vlado, et ce qu’il a accepté de partager.
*Lorsque je cherchais des modèles pour cette expo j’ai pensé, en toute logique : Quel meilleur endroit qu’un groupe Facebook comptant des milliers de membres, dont l’objectif affiché est la mise en valeur de tout ce qui est en lien avec les communautés noires incluant, je cite « …les personnes noires, l’art noir, les idées/projets centrés sur l’avancement de la communauté noire, … », pour les trouver ?
J’y ai donc publié la présentation du projet, illustré par une magnifique photo du premier photo shoot, et lancé un appel à candidatures. Je m’attendais à recevoir assez rapidement des propositions d’hommes noirs intéressés à être mis en lumière pour une fois, avec leurs différents parcours, looks, leurs opinions et réalisations (d’autant plus que, je tiens à le préciser, ce groupe est une véritable mine d’or qui remplit majoritairement son mandat !). Mais je ne sais si c’est par pudeur, méfiance, incrédulité, question de culture, ou autre, ce ne fut pas le cas : UNE seule personne y a répondu afin de se proposer comme modèle.
Il s’agissait de Vlado, finalement seul participant identifié par le biais de ce groupe (un autre candidat s’est manifesté bien plus tard, malheureusement, n’étant pas du Grand Montréal, nous n’avons pas pu nous accorder pour un photo shoot).

Artiste entrepreneur, il a évidemment été motivé par « le côté artistique, mais aussi par la démarche de réappropriation positive de notre identité ».


*Arrivé au Canada à l’adolescence, Vlado se sent appartenir à la société, la culture « Canadienne… à 80% : la bouffe du pays natal est indétrônable ! ». Ce célibataire bien occupé, d’une grande curiosité intellectuelle, est écrivain, scénariste, et fondateur de la maison d’édition Cœur de plumes.
Il est particulièrement fier de « l’écriture de mon premier recueil de poésies après 2 ans d’essais- erreurs ». Bénévole pour plusieurs organismes culturels en plus de son travail et de ses activités artistiques, il ne refuserait pas d’être le visage d’une campagne pour « l’ONU, la Croix-Rouge ». Ou alors pour « un commerce équitable, ou un organisme culturel (sans surprise !) ».

*Qu’est-ce que tu trouves beau ? « L’existence d’êtres vivants doués de conscience dans l’univers, comme les humains. Je me pose toujours la question de l’existence d’autres intelligences dans notre galaxie. »
Et sa première réponse lorsque je lui demande QUI il trouve beau a le mérite de me surprendre, ce qui est rare : « Arthur Schopenhauer, pour sa philosophie. » Rien que ça, le philosophe du pessimisme comme on le nomme ! Tout un programme…
Mais « Denzel Washington, Morgan Freeman, Halle Berry, Monica Belluci, Sophie Marceau et Will Smith » suivent dans la foulée. Car Vlado trouve beaux avant tout « des artistes, pour leurs personnages à l’écran ou pour leurs œuvres d’art… » Que ce soit chez lui ou chez autrui, il s’intéresse avant tout à la beauté exprimée « par la créativité », et « à la richesse du monde intérieur ».
Et justement, d’artiste à artiste, il aimerait rencontrer « Idris Elba, ce serait intéressant de l’entendre me parler de son expérience comme chanteur, acteur et producteur. »
Pour clore la contribution de Vlado, je vais le laisser terminer son propos, qui se résume à dire que juger autrui sur la couleur de sa peau est superfétatoire :
« … un humain comme tous les autres avec son unicité, ses forces et ses faiblesses, mais un être humain toujours perfectible. Le moyen de le rendre heureux est d’apprendre à le connaître. » —

Magnifique.
Negro Magnifico, pensée et réalisée par Kwédi Alexandra
